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DANS UNE AUTRE VIE......

 

Il fait très froid cette nuit là, peut-être plus froid que les nuits précédentes,  la neige a recouvert le sol gelé et le vent souffle dans les sapins de la forêt voisine. Je suis couverte d'un épais manteau, les manches sont élimées et les boutons sont dépareillés depuis longtemps. Ce manteau je le traîne parce que je ne peux en acheter un autre, ce manteau est vraiment laid mais c'est un de mes rares trésor et s'il ne me tient pas correctement chaud, au moins il me protège.
J'ai une paire de gant qui m'a été tricotée par un membre de ma famille mais je ne sais qui, ils sont usés et rapiécés. Ils sont en laine, une grosse laine qui me pique parce que la laine j'y suis allergique et pourtant ces gants je les porte et si je ne les avais pas mes mains seraient transformées en glaçons. 
Je n'ai pas d'écharpe et je rêve d'avoir une écharpe, je me demande pourquoi on ne m'a pas tricoté d'écharpe, ça semble si facile. Le vent s'engouffre toujours par le haut de mon manteau et si j'avais une écharpe elle me protègerait le cou. Je rêve d'une écharpe douillette avec de jolies couleurs, pas comme ce marron de mes gants qui ne suit pas avec mon manteau dont les couleurs sont encore plus fades.
Mon luxe se sont ces bottines fourrées qui bien que très abimées au bout font encore barrière contre le gel. Elles sont fourrées à l'intérieur, elles sont confortables et je peux mettre facilement deux paires de chaussette sans y être à l'étroit.
Je n'ai ni bonnet, ni foulard, je n'aime pas ça et pourtant cette nuit là qu'est ce que j'aimerai pouvoir me réchauffer sous un couvre-chef. J'ai été un jour coquette, si je ne veux pas de chapeau c'est pour ne pas décoiffer ma jolie chevelure blonde, mais l'heure n'est pas au coquetteries ni autres franfreluches,  ça ne fait plus partie du décor depuis bien longtemps, tellement longtemps que j'ai oublié quand tout à commencé.
Cette nuit là j'ai juste eu le temps d'enfiler mon vieux manteau, je n'ai pas pris de sac, mes gants étaient dans ma poche, ils sont toujours dans ma poche, dans ma poche droite, allez savoir pourquoi.
J'ai entendu le bruit des chiens au loin,  dans la nuit il est encore plus strident et plus angoissant, je sais qu'ils ne sont pas loin, c'est le signal, ça veut dire qu'il faut partir et se cacher. Je ne sais pas pourquoi je suis seule dans cette maison, où sont les autres, où est ma famille, j'ai 16 ans, ne suis-je pas sensée vivre encore chez mes parents.
Je referme à peine la porte quand je sors, je me dirige dans le noir et mes pas crissent dans la neige. Il faut que j'arrive à rejoindre la forêt, là bas j'y serais en sécurité. C'est curieux mais j'avance doucement et je passe mon temps à me retourner... pourquoi je ne prends pas mes jambes à mon cou, pourquoi je ne file pas vite fait.....
Je les vois, ils sont une vingtaine, leurs casques étincellent au clair de lune, ils délogent des gens dans les maisons, des gens qui n'ont pas, comme moi, eu la présence d'esprit de fuir. J'entends des pleurs, des cris d'enfants et je vois les chiens mordre les jambes de veilles femmes qui n'ont pas la force d'avancer.
Je cours maintenant, j'halète, je suffoque mais je ne veux pas m'arrêter, je ne sens plus mon corps, j'aperçois les premiers arbres de la forêt, dans quelques minutes je vais l'atteindre et je serais sauvée, pour cette fois ci.... Jusqu'à la prochaine fois....
Mais cette forêt je ne semble jamais l'atteindre, plus je cours, plus elle s'éloigne et j'entends toujours le bruit des chiens et ces mots hurlés en allemand qui résonnent dans mes oreilles.  Je ne sens plus mes jambes, je ne sens plus rien, je suis comme un pantin, la forêt c'est la liberté, cette liberté je ne l'atteindrais jamais.... Je ne veux pas mourir, je ne veux pas qu'ils m'attrapent, j'ai peur, je suis terrifiée.....
Ils se rapprochent alors je décide de me cacher dans une vielle maison abandonnée, je suis certaine qu'ils ne viendront pas m'y chercher. Mon cœur bat à tout rompre, j'ai les mains moites et ma respiration gronde. Je me suis tapie sous un vieux lit déplumé, un ressort me blesse le dos mais je ne veux plus bouger, je ferme les yeux et j'attends. Mon attente dure des heures et je les entends passer. Ils partent, ils s'en vont, j'ai gagné..... pour cette fois ci.....
Le jour se lève, je suis en vie, alors je sors de la maison tranquillement et quand j'emprunte la rue il est là face à moi. Je ne vois que ses yeux, ses yeux plein de haine, il pointe son fusil sur moi, à côté, son berger allemand me regarde d'un œil noir et n'attend qu'un geste de la part de son maître.... Cette fois je vais mourir, j'ai 16 ans, je n'ai rien connu de la vie mais je vais mourir ici dans la neige froide du petit matin, je vais mourir au pied de cette forêt que jamais plus je ne traverserai et je ne veux pas mourir.
Dans un effort surhumain je me réveille.... Il me faut bien quelques minutes pour retrouver mes esprits. J'ai le cœur qui palpite,  je ne sais plus où je suis, je me dis ouf, c'est encore ce terrible cauchemar qui vient me hanter comme à chaque fois.
Ca fait des années que j'en rêve, il fait partie de moi, je m'inquiète si je reste longtemps sans lui, il m'est arrivé des fois de le rechercher..... de le provoquer....  Oui c'est bien de moi qu'il s'agit....je sais que c'est moi mais jamais je ne vois mon visage, je ne vois que mon corps et des détails comme mes mains, mes pieds, ma tenue vestimentaire.....  je ne meure jamais,  à chaque fois qu'un allemand veut pointer son arme sur moi, je me réveille, je m'oblige à me réveiller, parce que je ne veux pas mourir......
Très longtemps il est venu me hanter, je m'y étais habituée et puis un jour, lorsque j'ai commencé à vivre avec Jules, je ne l'ai plus jamais fait et j'avoue qu'il m'a manqué. C'est étrange, c'est étrange de ne plus faire ce rêve..... comme si la boucle était bouclée, comme si il fallait que je me marie avec un juif  pour le faire cesser.
Mon âme juive, c'est mon âme juive et j'y crois......
 
Le chien s'appelle Coffee,, nous sommes aux sports d'hiver j'ai presque 16 ans
et je n'ai pas peur des bergers allemands.....

Publié à 01:21, le 9/05/2013 dans Je reve,
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